fbpx
Ode aux mères endeuillées

Une journée pour reconnaître tous ces petits anges ! Voici le témoignage touchant d’une maman ayant vécu le deuil périnatal. Je lui rends hommage, à elle et sa famille pour tout le courage et la force qu’ils possèdent !

Sincèrement, Annie Fournier

Je suis Jessyca, maman de Logan décédé durant la grossesse le 13 juillet 2015 et de la petite Livia décédée le 12 octobre 2019 des suites d’un accident de la route. Logan a beaucoup marqué son court passage dans ma vie. Je me souviens à quel point j’avais l’impression de le voir partout là où j’allais. C’était quelque chose que je portais en moi chaque jour. En 2015, je n’ai pas eu de soutien. Bien au contraire, on me conseillait « de ne pas pleurer pour son départ ». Comme si, étant donné que je n’ai pas eu la chance de le porter dans mes bras, il n’avait pas d’importance dans mon cœur de maman. C’est intense, n’est-ce pas? Je devais me couper de toutes mes émotions pour accepter que jamais je ne l’aie porté contre mon cœur pour l’endormir, le cajoler et même le voir sourire.

La chaleur humaine n’existait pas. La compassion non plus. À quel point c’est si inhumain de demander à une mère d’agir ainsi. Et la mère, de peur d’être jugée, se renferme sur elle-même dans le silence, tout en gardant ses émotions à l’intérieur pour ne pas déranger.

Tu es peut-être cette maman ou, peut-être pas, mais j’ai été cette maman qui a souffert en silence. Les années se sont écoulées et j’ai appris à rencontrer mon âme et ses émotions. Aujourd’hui encore, je me demande pourquoi les gens pensent de cette façon.

Le 12 octobre 2019, notre petite Livia s’éteignit dans les bras de son papa. Elle mourut des suites d’un accident de la route. Elle n’avait que 20 mois et 8 jours. Je me souviens d’avoir crié et crier encore, jusqu’à ce que mon cerveau revienne à sa conscience ou à son mode de survie en fait, je ne sais pas comment l’appeler…

Livia était une petite fille brillante, souriante, attachante, dynamique! Toujours très heureuse et malgré son si jeune âge, elle savourait pleinement la vie. Lorsque cet accident est arrivé, les jours suivants et même encore aujourd’hui, je n’ai pas beaucoup de souvenirs. Mon cerveau a fait une sélection sur ce dont je devais me rappeler ou pas. La souffrance est foudroyante et encore aujourd’hui par moment, j’ai de la difficulté à accepter son départ aussi prématuré.

Certaines personnes m’ont dit : ah, mais Logan tu ne l’a pas connu, ce n’est pas la même chose! Non, c’est vrai je ne l’ai pas connu, je ne l’ai pas vu grandir. Mais l’amour, lui? Il est inconditionnel dès que nous savons que nous sommes enceintes. L’amour est si grand que rien ne peut le décrire.

Pourquoi les juge-t-on si facilement les sentiments d’une maman? Pourquoi minimaliser ses sentiments? Nous parlons ici de vraies émotions. L’amour pur et vrai. Non, c’est vrai, ce n’est pas la même chose pour ma part, mais, pas émotionnellement.

Ce qui est différent pour moi. C’est que, j’ai passé 20 mois et 8 jours auprès de ma fille, j’ai vécu et elle m’a appris grandement sur la vie, qui aujourd’hui, fait de moi une meilleure personne.

Logan m’a appris beaucoup, mais d’une manière si différente. Les deuils ne se comparent pas. Il ne faut jamais comparer un deuil ni même s’en vouloir d’en ressentir peut-être moins, ou même plus. La différence pour moi c’est que Logan est au ciel depuis 2015. Livia est au ciel depuis 2019.

Comprenez-vous où je veux en venir? Logan : le temps a apaisé cette douleur et je crois qu’il m’a préparé à sa manière, à vivre ce deuil de nouveau, mais en étant pleinement consciente. Comment l’expliquer? La souffrance est de savoir que notre fille avec qui nous avons vécu sa courte vie du jour au lendemain ne serait plus là… La maison est devenue si silencieuse et nous nous sommes levés du lit le lendemain dans un froid, et le silence qui nous rappelait encore et encore que sa petite voix résonnerait plus à nos oreilles.

Ce matin-là, la claque est revenue en plein visage… Mais nous avons de belles grandes filles qui ont besoin de nous. Comment allions-nous faire? Livia n’est plus là, la maison semble vide, le soleil est disparu et plus rien ne va. Nous devons courir le salon funéraire pour elle et choisir ce que nous n’avions jamais pensé faire un jour.

On pense à nos propres funérailles, mais nous ne pensons jamais à celles de nos enfants. Ce n’était pas le cycle de la vie, selon nous.

Les semaines se sont écoulées… Nous trouvons le moyen de sourire, malgré la souffrance indescriptible. L’urne de Livia est là devant nous; elle est recouverte de magnifiques papillons, de branches et d’oiseaux… Ça la représente tellement!

En manque d’outils, je me retourne vers la formation sur le deuil périnatal d’Annie Fournier. Quelle douceur et quel soulagement! Je me sens dans mon élément. Et aujourd’hui je parle avec des mamans qui ont vécu la perte de leur petit amour.

Quelques mois plus tard, j’écris mon premier mini livre sur le deuil périnatal. Il sortira dans quelques mois, enfin! Je raconte l’histoire de Livia en fait, notre histoire et, je nomme des outils pour la fratrie. À quel point il ne faut pas oublier nos grands enfants, qui vivent eux aussi, le deuil de leur petit frère ou petite sœur.

Plus haut j’expliquais la différence entre la perte de Livia et de Logan. Ce qui différencie les deux situations, c’est le temps passé auprès de chacun d’eux. Mais l’amour reste le même.

Jessyca Brindle

Certifications de l’école internationale d’accompagnement Cybèle 

Plus de publications
FACULTÉ DE FIN DE VIE
Plus de publications

Vous avez aimé cet article ? Partagez-le!

Date de publication :

  • 2 Mai, 2022
  • © École internationale d’accompagnement Cybèle Tous droits de traduction, de reproduction et d’adaptation réservés.

    Commentaires

    0 0 votes
    Évaluation de l'article
    S’abonner
    Notification pour
    guest

    1 Commentaire
    Le plus ancien
    Le plus récent Le plus populaire
    Commentaires en ligne
    Afficher tous les commentaires
    Bastienne
    6 mois il y a

    Merci pour ce témoignage, votre récit est très touchant; on dirait que vous avez pris du recul, même si les émotions sont là, et c’est normal. Bravo pour le courage et d’arriver à sortir grandie de ces épreuves.

    Pin It on Pinterest

    Share This